15 septembre, 2007

La cravate et le superficiel - lecon tiré de la cravate

Laissez-moi premièrement faire une clarification avant de commencer : je n'affirme pas par cet article que les cravates soient mauvaises et que ceux qui les portent devraient arrêter de le faire!

Cette réflexion se situe dans le contexte de l'église locale et spécifiquement dans le contexte des rencontres du dimanche.

Un des grands ennemi de l'église locale est le superficiel. Ce danger constamment à notre porte de vivre la foi de façon superficiel et irréfléchi. Ce danger est particulièrement dangereux parce qu'il est intéressant et facile à poursuivre. Il nous donne l'impression que nous pouvons vivre la foi sans toutefois être engagé et redevable, sans intégrité et authenticité. Nous pouvons facilement tomber dans le panneau du superficiel.

Par superficiel je parle de la tendance beaucoup trop facile à dissocier ce qu'est la véritable foi chrétienne de notre vie quotidienne et surtout de ce que nous sommes et ce que nous poursuivons de façon quotidienne.

Ainsi, la vie d'église vient qu'à être rien de plus qu'un devoir religieux, du dimanche, et une "faveur" que nous faisons à Dieu en y participant un peu, pas trop, mais juste assez pour satisfaire notre conscience qui veut vite retourner à ses affaires. Alors, il faut donc s'assurer d'être le plus superficiel possible afin de fermer toutes portes et empêcher aux autres de voir ce qui se passe véritablement derrière ma belle porte fermé, ou derrière ma belle cravate coloré. Nous devons avoir l'aire d'être bien correcte, bien au-dessus des affaires, intouchable, inébranlable.

L'expression "Sunday best" fait référence à la facilité de se pointer le dimanche dans nos meilleurs habits (figuré ou littérale), le sourire au lèvres et prêt, pour une heure ou deux, à nous consacrer à notre devoir religieux. Puis, le temps accompli, retourné à notre vie et nos occupations qui sont beaucoup plus précieuse et importante (en témoigne notre vie, nos choix et nos priorités).

Je ne porte jamais de cravate en temps normale à moins d'aller dans un mariage (et même là je porterai une cravate seulement si je suis impliqué dans le mariage) ou dans un événement ou la cravate doit être porté (cela est bien rare quand même). Je ne suis pas du genre cravate.

Lorsque je suis arrivé à l'Église du Bon Berger comme pasteur, je me suis mis à porter une cravate. Je ne sais pas trop pourquoi sauf que c'était probablement par idée de penser que je devais le faire étant donné que j'étais "le pasteur". Je n’ai jamais été confortable avec l'idée mais je le faisais quand même. Un moment donné je me suis dit que c'était assez. Deux raisons : 1) je pense que de façon générale, dans le contexte de l'église, si je porte la cravate, je suis entrain de me distancer des autres. C'est comme si ma cravate disait, "je suis une coche plus élevé" ou quelque chose comme ca. 2) la cravate ce n'est pas moi alors en la mettant j'étais entrain de communiquer une fausse image de qui je suis véritablement.

Dans ma perspective de ce qu'est l'église locale, je ne veux surtout pas communiquer l'idée que l'église est une histoire du dimanche et que le dimanche il faut être différent et ainsi sortir notre cravate et notre habit. Je crois que cela est contraire à l'esprit de ce que nous sommes entant qu'église.

Certainement la rencontre du dimanche est spéciale dans la semaine du chrétien car elle est l'occasion de se réunir avec l'ensemble de l'église afin de célébrer la grâce et la gloire de Dieu. C'est un privilège de le faire ensemble et un moment que nous devrions tous chérir et prioriser, mais pas comme un devoir religieux et surtout pas comme une activité isolé de la semaine qui représenterait en elle-même ce que signifie être chrétien.

Vous avez probablement déjà entendu quelque chose comme ceci : "Le dimanche il faut mettre nos meilleurs habits parce que nous allons être dans la présence de Dieu, dans la maison de Dieu, dans le temple, nous allons à l'église." Eh bien, quoi dire? Il est malheureusement vraie que pour plusieurs le reste de la semaine n'est pas synonyme de la présence de Dieu. Dieu est absent et mis de côté jusqu'au dimanche. Mais en réalité, si je suis chrétien, Christ est ma vie chaque jour de chaque semaine. Dieu n'est pas plus présent le dimanche, le bâtiment dans lequel nous nous réunissons n'est pas un temple, ni la maison de Dieu, ni l'église. C'est un bâtiment. L'église c'est nous, les croyants et nous sommes le temple. Dieu est présent toute au long de la semaine alors que nous vivons la foi en famille, à notre travail, etc. Alors arrêtons de nous cacher derrière nos cravate (ou l'équivalent) et cherchons ensemble à expérimenter (désolé pour ceux qui n'aime pas le mot expérience!) la véritable essence de ce qu'est être chrétien et de ce qu'est être l'église.

Alors pour moi, porter la cravate est superficiel et ne communique pas un bon message d'authenticité que je veux voir cultiver dans l'église.

Frères et sœurs, accrochons nos cravates (pour ne pas dire brulons-les!) et efforçons-nous d'être vraie, intègre, authentique alors que nous cherchons ensemble à croître dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ et cela avec l'aide de Dieu. Ne nous réunissons pas le dimanche avec l'idée que nous accomplissons un devoir et que nous devons avoir l'aire spirituel et religieux. Réunissons-nous ensemble rempli d'humilité en reconnaissant que ce n'est que par la grâce de Dieu que nous y sommes et élevons ensemble nos voix pour rendre gloire et louange à Dieu. Cherchons les occasions d'être ensemble afin de nous pousser les uns les autres vers la croissance, afin de nous exhorter et nous encourager les uns les autres à combattre le péché qui nous enveloppe si facilement. Laissons tomber les masques et soyons plutôt véritablement revêtu de Christ et rempli de l'Esprit.