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07 juillet, 2008

WALL-E

Je suis allé voir Wall-E hier après-midi avec mon garçon de 5ans. J’ai du insister pour que nous restions jusqu’à la fin puisque dès le début il trouvait le son beaucoup trop fort et voulait partir. Une fois le film commencé le niveau de bruit était mieux mais c’est le film qui n’a pas réussi à le captiver autant que j’aurais pensé. Il m’a demandé au moins 5 fois si nous pouvions partir. Vers la fin il était un peu plus patient puisque il y avait un peu plus « d’action ».

Le film était correct. C’est à dire qu’il n’était pas mauvais mais qu’il était tout-de-même moins intéressant que mes attentes.

La première partie du film se passe sur la terre. Une terre inhabitée puisque les humains en ont trop abusés et ils ont du la quitter pour vivre dans un genre de bateau de croisière spatial. En attendant, des robots ont été laissés sur la terre pour une opération de nettoyage qui n’a pas fonctionné. Notre petit Wall-E est le seul qui reste (avec son ami la coquerelle) jusqu’à ce qu’un autre genre de robot se pointe. L’histoire se transporte par la suite dans un vaisseau ou nous retrouvons une humanité obèse, paresseuse et complètement déconnecté de toute relation interpersonnelle et de toute notion de ce qu’est la vie. Ils attendent que la terre s’arrange afin de pouvoir y retourner. Évidemment, la terre ne s’arrange pas tout seul et, de plus, les humains ayant abandonné la planète ne se trouve pas en très bonne état eu non plus.

J’ai remarqué deux thèmes qui sont particulièrement présent dans le film.

Premièrement, il y a Wall-E, ce petit robot ayant développé (nous ne savons comment) une personnalité et une curiosité pour la vie. Le personnage de Wall-E est quand même bien et intriguant. Il est déterminé. Il est un peu innocent. Il est drôle aussi mais moins que je m’attendais. Il est seul et il désir la compagnie de quelqu’un. Il écoute un vieux film avec des chansons d’amour et il rêve lui aussi au jour où il pourra tenir la main d’une autre. Il rencontre un (plutôt une) autre robot du nom de Eve (ou Eva). Alors un des thèmes évident est celui de Wall-E qui essai de charmer Eve et ultimement lui tenir la main. Wall-E inspire les autres personnages du film.

Le deuxième thème est que malgré qu’ils soient responsables d’avoir « détruits » la planète en l’abusant, les humains sont tout-de-même ceux qui doivent en prendre soins. S’ils laissent la responsabilité de la planète entre les mains de robots, ultimement celle-ci ne se trouvera pas en meilleure condition. S’ils la quittent, ils ne se trouvent pas en très bonne condition eux non plus. Les humains finissent par réaliser que la responsabilité de la planète est entre leurs mains et qu’ils doivent y retourner.

Je donnerais au film 3­½ étoiles sur 5.

04 juillet, 2008

As-tu le goût de danser?

Voici un petit montage vidéo que j’ai trouvé inspirant.



Where the Hell is Matt? (2008) from Matthew Harding on Vimeo.

01 juillet, 2008

L'évangile et l'art

Une lecture (et audio) intéressant si le sujet vous intéresse.

Lecture ici. Audio ici. (en anglais)

11 juin, 2008

Spiritualité vs la Foi biblique

Dans le livre, Culture Shift, d’Al Mohler, j’ai lu une citation qui résume bien, entre autres, le problème avec des livres et courant de pensées comme, The Secret. La citation soulève la différence à faire entre la spiritualité (poursuite subjective d’expérience spirituelle) et la véritable foi biblique. La citation est écrite dans le chapitre qui parle des leçons apprises de la terreur (du terrorisme). En parlant de l’événement du 11 septembre 2001, il dit qu’une des choses que la terreur nous enseigne est que la spiritualité n’est pas un substitut à la foi chrétienne. Après le 11 septembre 2001 les églises étaient remplient et on prévoyait un réveil. Mais, après seulement quelques mois, les choses étaient revenues à la normale. Dans ce contexte il écrit :

Spirituality is what is left when authentic Christianity is evacuated from the public square. It is the refuge of the faithless seeking the trappings of faith without the demands of revealed truth. Spirituality affirms us in our self-centeredness and soothingly tells us that all is well. Authentic faith in Christ calls us out of ourselves, points us to the Cross, and summons us to follow Christ. (p. 51)

05 avril, 2008

Vie humaine vs vie de phoque

Les récents propos de M. Paul Watson, un militant animaliste canadien, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society, soulève la controverse ainsi que l’indignation de Mme Elizabeth May, chef du Parti Vert du Canada.

Selon l’article sur le site des nouvelles de Radio-Canada, « Il soutient que l'abattage de milliers de phoques est une tragédie plus grande que la mort des chasseurs. »

M. Watson, dans ce qui est certainement un désir légitime de voir à la protection de certains animaux, fait ce que font les extrémistes de n’importe qu’elle mouvement (religieux ou autres) ; il devient tellement préoccupé par sa cause qu’il semble en perdre l’équilibre et la raison, et surtout, ici, accorde plus de dignité à la vie animal (sa cause) que la vie humaine.

Il n’est pas le premier et ne sera pas le dernier.

Une leçon doit tout-de-même être tirée. Ne faisons pas comme lui alors que nous poursuivons la cause de Jésus. C’est à dire, ne devenons pas tellement préoccupé par « la cause » que nous en oublierons le sens. Jésus lui-même à dit, « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir et donner ma vie en rançon pour beaucoup. » Veillons à notre attitude et au propos que nous utilisons dans nos échanges avec ceux qui ne pensent pas comme nous et dans nos discussions à leur sujet.

Faire connaître Jésus est ce qu’il y a de plus important. Nous pouvons et devons annoncer Jésus avec assurance car il est le chemin, la vérité, et la vie. Cependant, chemin faisant, n’oublions pas que notre « cause » n’est pas « la cause » mais Jésus. Ayons les mêmes sentiments, la même attitude, qui était en Jésus.

En passant, que pensez-vous devrait être la position chrétienne dans toute la question de "protection des animaux et de la planète"?

02 avril, 2008

Le mariage et la gloire de Dieu

Albert Mohler écrit un bon article ce matin concernant le mariage. Je vous invite à le lire en suivant ce lien (si vous lisez l’anglais).

En voici un petit extrait :

How does marriage glorify God? Tertullian, one of the early church fathers, offers wisdom: "How beautiful, then, the marriage of two Christians, two who are one in home, one in desire, one in the way of life they follow, one in the religion they practice . . . Nothing divides them either in flesh or in spirit . . . They pray together, they worship together, they fast together; instructing one another, encouraging one another, strengthening one another. Side by side they visit God's church and partake God's banquet, side by side they face difficulties and persecution, share their consolations. They have no secrets from one another; they never shun each other's company; they never bring sorrow to each other's hearts . . . Seeing this Christ rejoices. To such as these He gives His peace. Where there are two together, there also He is present."

20 mars, 2008

De quoi faire sourire le serpent

«Aujourd'hui, on pense que chacun peut faire ce qu'il veut, tant que les autres n'en souffrent pas» - explique Louis Rousseau, professeur de sciences des religions à l'UQAM (Journal de Montréal)

08 janvier, 2008

Mon petit grain de sel au sujet de The Golden Compass

J’ai terminé la lecture de la trilogie, His Dark Materials (The Golden Compass, The Subtle Knife, The Amber Spyglass), de Philip Pullman, et je suis allé voir le film, The Golden Compass.

Je n’ai pas vraiment rien à ajouter à ce que Albert Mohler à écrit déjà à ce sujet (FrançaisAnglais).

J’ai bien aimé le film. Comme dans les livres (le premier livre (duquel le film est inspiré) n’est pas celui qui avance le plus directement les propos anti-dieu et anti-église), le film non-plus n’est pas très explicite à ce sujet. Ceux qui le voient et qui ont lus les livres vont mettre les détails dans leur contexte (contexte des livres) mais pour quelqu’un qui n’a pas lu les livres et qui n’a pas lu les médias au sujet de la polémique entourant les livres (Pullman vs Lewis et Narnia), ne penseront probablement pas tellement à Dieu n’y à l’église (pas plus positivement que négativement).

Je dirais ceci au sujet des livres: je ne vois pas de raison d'avoir peur. Il est vrai que les livres (le film le rend un peu moins évident) sont très anti-dieu et anti-église. Seulement, le portrait qui est peint de Dieu et de l’église est tellement erroné qu’il ne reflète même pas la réalité. Pullman s’inspire principalement de l’église catholique et même là il s’en tient à des extrêmes (et des inventions) qu’il transforme en images et en une aventure purement fictive. Toutefois, il faut dire que sa perception de Dieu et de l’église semble tout-de-même populaire.

Ce qu’il prétend être Dieu et l’église est tellement affreux que moi-même je me rangerais du côté des autres dans son histoire. Les livres nous offrent certainement une occasion merveilleuse d’entrée dans les textes bibliques (puisque lui-même le fait) avec les gens afin de voir avec eux, premièrement, la façon injuste et tordu avec laquelle Pullman rend les textes, puis, deuxièmement, de discuter de ce que la Bible propose en réalité.

Les principaux endroits attaqués sont, entre autres :

la chute (que l’histoire veut renverser – ce qu’elle veut renverser n’est pas la décision d’Adam et Eve dans la chute, celle de prendre le fruit (ceci est très bon selon Pullman), mais il veut renverser la décision de Dieu qui, selon lui, fut de chercher à garder Adam et Eve (et l’humanité) dans l’ignorance et la servitude),

la question du péché (qui n’est pas en réalité péché mais conscience de soi et connaissance, liberté, vie),

la liberté de l’homme (que Dieu veut à tout prix s’assujettir),

l’église (qui, au nom de Dieu, veut contrôler les êtres vivants et les garder dans l’ignorance),

la justice de Dieu (qui en fin de compte n’est pas justice mais obsessions et le fruit du gros égo de Dieu) et bien sur, par conséquent,

la nécessité du salut (dans le livre nous n'avons pas besoin d'être sauvé par Dieu mais de Dieu).

Comme le dit Mohler dans son article, ne paniquons pas, respirons, puis engageons nous dans des échanges intelligentes en saisissant l’occasion que le film et les livres nous présentes.

Voilà donc mon petit grain de sel là-dessus.

22 décembre, 2007

The Golden Compass (A la croisée des mondes - La boussole d'or)



Albert Mohler à écrit un excellent article au sujet du film, The Golden Compass. Mohler réussi très bien à souligner le défi que présente ce film tout en nous encourageant (avec raison) à y faire face plutôt qu'à fuir. Le voici traduit en français (je ne suis pas certain qui a fait la traduction).

Je lis présentement la trilogie (je suis dans le deuxième livre) et j'ai ensuite l'intention de voir le film.

Voici pour vous l'article traduit (ou suivez ce lien pour le lire en anglais):

La boussole d’or - Un briefing pour les chrétiens inquiets

La sortie du film A la croisée des mondes – La boussole d’or (The Golden Compass) représente un nouveau défi pour les chrétiens – surtout pour les parents. La sortie d’un film populaire avec de grands acteurs et qui présente un message directement subversif envers le christianisme est quelque chose de nouveau, et ce n’est probablement pas le dernier.

Ayant visionné le film avant sa sortie et lu les trois livres de His Dark Materials, je peux vous assurer que les chrétiens font face à un vrai défi – un défi qui exigera une bonne réflexion et un engagement intellectuel.

Pourquoi ce film est-il un tel défi?

Tout d’abord, La boussole d’or est un film extrêmement attirant. Comme le livre sur lequel il se base, c’est une histoire très sophistiquée et très bien racontée. Les acteurs sont excellents. On y retrouve Nicole Kidman et Daniel Craig (le dernier James Bond) et d’autres acteurs incluant Sam Elliott et une nouvelle venue Dakota Blue Richards, qui joue le rôle central de Lyra Belacqua, âgée de 11 ans. Kidman est effrayante en tant que belle et méchante Marisa Coulter et Craig est parfait comme Lord Asriel. L’acteur Ian McKellen (Gandalf dans la trilogie du Seigneur des Anneaux) prête sa voix à Iorek Byrnison, l’ours à l’armure.

Le film est très bien fait et attirera des audiences de tous âges. Les effets spéciaux sont supérieurs à tous les films précédents du genre, incluant la trilogie du Seigneur des Anneaux (produit aussi par New Line). Tout est en place pour qu’il devienne le grand succès du box-office.

Deuxièmement, le film est basé sur une histoire captivante, sophistiquée et vraiment intéressante. Philip Pullman est un écrivain talentueux et un raconteur de légendes. Il a inventé les mondes de La boussole d’or et toute la trilogie de His Dark Materials présente ce qu’il y a de mieux dans le genre. Ses personnages sont crédibles et le dialogue est constant – dû en grande partie à son invention brillante d’un compagnon pour chaque personnage – un « daemon ».

Résultat: Ces livres et ce film attireront beaucoup d’attention et captiveront beaucoup de lecteurs et de téléspectateurs.

Alors, quel est le problème?

Il ne s’agit pas seulement d’une autre trilogie imaginaire ou d’un projet de film. Philip Pullman a une idée en tête – une idée aussi subtile qu’un char d’assaut de l’armée. Son but n’est rien de moins que d’exposer ce qu’il croit être la tyrannie de la foi chrétienne et de l’église chrétienne. Sa haine du récit biblique est claire. C’est un athée dont le projet littéraire le plus important est d’offrir un récit moral qui renversera le récit biblique de la chute et fournira une mythologie libératrice pour un nouvel âge séculier.

Le grand ennemi de l’humanité dans les trois livres, The Golden Compass (La boussole d’or), The Subtle Knife (Le couteau subtil) et The Amber Spyglass (La lunette d’ambre) (connus comme His Dark Materials), c’est l’église chrétienne, identifiée comme le méchant Magistérium. Le Magistérium, qui représente l’autorité de l’église, a peur de la liberté humaine et cherche à réprimer la sexualité humaine.


Le Magistérium utilise le récit biblique de la chute et la doctrine du péché originel pour réprimer l’humanité. Il est violent et vil et rien de l’arrêtera pour protéger ses propres intérêts et conserver son pouvoir.

L’attaque de Pullman envers le christianisme biblique est directe et indéniable. Il s’est déjà demandé pourquoi ses livres attiraient peu de controverse comparativement à ce qui s’est produit avec ceux d’Harry Potter. Il a dit à un journal australien qu’il « dit des choses beaucoup plus subversives que ce que le pauvre vieux Harry a dit. Mes livres ont pour but de tuer Dieu. »
Les spectateurs du film verront-ils tout cela?

L’attaque directe envers le christianisme et Dieu est atténuée dans le film. Mais toute personne informée reconnaîtra le Magistérium comme représentant l’Église et le christianisme. Bien sûr, dans notre monde, le Magistérium, c’est le leadership autoritaire de l’Église Catholique Romaine. Dans le monde de Pullman, il représente le christianisme dans son ensemble.

L’histoire de Pullman parle de Jean Calvin assumant la papauté et déplaçant ses quartiers généraux à Genève, combinant ainsi les traditions catholiques et de la Réforme. Dans le film, le Magistérium semble se situer à Londres. En tous cas, le point n’est pas implicite.

Les attaques les plus directes envers le christianisme et Dieu n’apparaissent pas avant le dernier livre, The Amber Spyglass, où Lyra et Will (un garçon de son âge que l’on verra la première fois dans le deuxième livre) tueront éventuellement Dieu, qui s’avère n’être qu’un vieil imposteur décrépit et faible qui ne vaut pas vraiment la peine d’être tué.

L’attaque de Pullman envers la chrétienté est-elle exagérée par ses critiques?

Non. Son attaque n’est ni cachée, ni subtile. Toute la prémisse de la trilogie, c’est que Lyra est l’enfant annoncée par la prophétie qui renversera la malédiction de la chute et libérera l’humanité du mensonge du péché originel. Alors que dans la théologie chrétienne, c’est Jésus-Christ qui renverse la malédiction par l’œuvre qu’il a accomplie à la croix, Pullman présente sa propre théologie où la chute est renversée par le geste de défi de ces enfants. Pullman insiste sur le fait qu’Ève et Adam avaient raison de manger le fruit défendu et que Dieu était un tyran en les empêchant de manger du fruit de la connaissance du bien et du mal.

L’élément surnaturel de l’histoire de Pullman, c’est la « poussière », vue par le Magistérium comme le péché originel mais qu’il présente comme l’essence même de la vie. Dans La boussole d’or, Lyra reçoit un « aléthiomètre » ou « boussole d’or », qui est remplie de poussière et dit la vérité à la personne qualifiée pour l’opérer. On apprend aux lecteurs qu’une grande bataille s’en vient où les forces combattant pour la liberté humaine et le bonheur s’affronteront (et détruiront) le Magistérium et Dieu.

Dans le dernier volume de la trilogie, un personnage connu comme le Dr. Mary Malone explique sa découverte à Lyra et Will : « J’étais une religieuse, vous savez. Je croyais que l’on pouvait étudier la physique à la gloire de Dieu jusqu’à ce que je voie qu’il n’y a pas de Dieu et que la physique est plus intéressante de toute façon. La religion chrétienne est une erreur très puissante et convaincante, c’est tout. »

Y a-t-il autre chose dans l’histoire plus large?

Oui, et ça concerne la sexualité. Étonnamment de la sexualité imagée et explicite. Pullman croit que l’église chrétienne est horriblement répressive concernant la sexualité et que cela prend racine dans l’idée de la chute. Comme il l’a dit à Hanna Rosin du journal Atlantic Monthly, « Pourquoi l’église chrétienne a-t-elle passé 2,000 ans à condamner ce glorieux moment ? Bien, c’est un mystère. Je suppose que je veux confronter cela en racontant l’histoire que le soi-disant péché originel est tout sauf un péché. C’est la chose qui nous rend pleinement humain. »
La puberté tient une grande place dans les préoccupations de Pullman. Les histoires sur le passage à l’âge adulte sont les formes les plus courantes de fiction, mais celle de Pullman prépare un coup que les lecteurs ne peuvent pas manquer. Il veut célébrer l’arrivée de la conscience sexuelle de l’adolescence. Souvenez-vous que le demaon de l’enfant peut changer de forme jusqu’à la puberté. A ce point-là, il demeure la créature qui reflète la personnalité et le caractère du jeune adulte.

La puberté signifie la venue d’émotions sexuelles. Le Magistérium aimerait mieux que les enfants grandissent sans faire l’expérience de la tentation sexuelle, alors il mène une expérience afin de séparer les enfants de leurs daemon avant la puberté, quand leur daemon ne peut plus changer. Cette procédure, connue comme « intercision » fait de lui un « enfant mutilé » qui n’a pas de daemon – et par conséquent sans âme. Le Magistérium a assigné à Mme Coulter la tâche d’enlever les enfants et de les amener dans le Nord pour cette expérience.

Comme l’explique Mme Coulter, dans le premier livre, à Lyra (qui se révèle être sa propre fille): « Tout ce qu’il y a, c’est une petite coupure, puis tout est calme. Pour toujours ! Tu vois, ton daemon est un merveilleux ami et compagnon quand tu es jeune, mais à l’âge que nous appelons la puberté, l’âge où tu arriveras bientôt, chérie, les daemons apportent toutes sortes de pensées et d’émotions pénibles et c’est ce qui garde la poussière. Une petite opération rapide avant cela, et tu n’auras plus jamais de problème. »

Dans La boussole d’or, Lyra et ses compagnons libèrent les enfants retenus dans cette station expérimentale dans le Nord et la détruisent. Dans The Amber Spyglass, Lyra et Will renversent l’histoire de la chute édénique en posant un acte sexuel dans le jardin.

Encore là, Pullman n’est pas subtil. Gardez à l’esprit que c’est une série de livres dont le marché s’adresse aux enfants et adolescents. Lyra met un fruit rouge sur les lèvres de Will et Will « sut tout de suite ce que ça voulait dire et était trop joyeux pour parler. » En quelques instants, les jeunes de 13 ans sont impliqués dans un acte sexuel non spécifié.

« Le mot amour l’enflamma, » écrit Pullman au sujet de Will. « Tout son corps était transporté et il lui répondit par les mêmes mots, embrassant son chaud visage encore et encore, buvant avec adoration l’odeur de son corps et sa chaleur, ses cheveux à l’odeur de miel et ses douces lèvres moites qui goûtaient le petit fruit rouge. »

Quelques pages plus loin, Will et Lyra oseront toucher au daemon de l’autre. Ce passage est encore plus chargé et explicite sexuellement que le premier. Les adolescents savent « que leur daemon ne changera plus maintenant, ayant senti sur eux la main d’un amoureux. Ce sera leur forme pour la vie : ils n’en voudraient pas d’autre. »

Qu’y a-t-il au sujet de Pullman et C. S. Lewis?

Dit simplement, Pullman déteste l’oeuvre de C. S. Lewis Les Chroniques de Narnia. Il a dit à Hannah Rosin que l’œuvre célèbre de Lewis est « détestable moralement » et « l’une des choses les plus laides et venimeuses que j’aie jamais lues. Narnia, a-t-il dit, « c’est l’histoire chrétienne… Et la mienne, la non chrétienne. »

Quand le premier film de Narnia est sorti en 2005, Pullman a décrit les livres comme « un mélange ‘plaignard’ de préjudice raciste, misogyne et réactionnaire. »
His Dark Materials de Pullman est certainement en réponse aux Chroniques de Narnia de Lewis. Ce que Lewis (et J.R.R. Tolkein) ont fait pour le christianisme, Pullman veut le faire pour l’athéisme.


Alors, que devraient faire les chrétiens?

La première chose serait de prendre une grande respiration. La foi chrétienne ne sera pas renversée par un film ou une série de livres fantaisistes. Pullman a un but clair et les chrétiens ont besoin de savoir ce qu’il en est et ce que ça signifie. En même temps, rien ne pourrait mieux servir à son but que des chrétiens qui parlent imprudemment ou sans intelligence au sujet du film ou des livres.

C’est une bataille des idées et des vues du monde. Bien que les chrétiens ne fêtent pas la sortie du film, nous devrions y voir un mélange de défis et d’opportunités provenant de millions de personnes qui regarderont ce film et parleront des sujets qu’il soulève. Quand le film sera mentionné au travail, à l’école, dans la cour de récréation, ou au collège, c’est une grande opportunité pour montrer que les chrétiens n’ont pas peur des batailles d’idées.

Nous devrions reconnaître que l’église chrétienne a des moments très embarrassants dans son histoire – moments où elle a échoué à représenter la vérité de l’Évangile et l’amour de Christ. Les auteurs comme Philip Pullman prennent avantage de ces échecs afin de peindre toute l’église chrétienne comme une conspiration contre le bonheur et la liberté humaine. Bien sûr, cette accusation ne tiendra pas après une étude minutieuse, et nous pouvons l’affronter par une réaction réfléchie.

Certains chrétiens ont aussi tenu des points de vue très peu serviables sur la sexualité humaine. Parmi ceux-là, nous devons l’admettre, des figures aussi grandes et ayant de l’influence comme Augustin et, hélas, C. S. Lewis. Mais ces figures qui ont une bonne influence dans d’autres domaines de la foi ne sont pas représentatives dans ce cas de sexualité biblique. Nous pouvons mettre les choses au clair.

Devrions-nous être inquiets que des gens, jeunes et vieux, soient déconcertés par ce film? Bien sûr. Mais je ne crois pas qu’un boycottage dissuadera le public en général de voir le film. Je suis très inquiet quand je pense à tant de gens divertis par un tel message subversif qui leur est présenté par un moyen aussi séducteur. Nous avons la responsabilité de leur montrer, autant que possible, que le Magistérium de La boussole d’or n’est pas une représentation juste et exacte de l’église chrétienne.

Je me demande combien de parents et grands-parents permettront aux enfants et aux adolescents de voir le film et leur achèteront les livres – parfaitement ignorants de ce qui s’en vient dans les livres deux et trois.

L’Évangile de Jésus-Christ a des ennemis; ça, nous le savons. Les parents chrétiens doivent être informés au sujet de His Dark Materials et en informer d’autres. Nous devons prendre la responsabilité d’utiliser l’intérêt pour ce film pour enseigner à nos propres enfants à penser de façon biblique et à user de discernement dans leur engagement envers les médias sous toutes ses formes. Nous devrions armer nos enfants de sorte qu’ils puissent parler de ce projet avec leurs camarades d’école sans peur ou rancœur.

Philip Pullman a un programme, mais nous aussi. Notre programme, c’est l’Évangile de Christ – un message infiniment plus puissant que celui de La boussole d’or. La vision du monde de Pullman d’une autonomie humaine sans restriction serait cauchemardesque si elle s’accomplissait. Son histoire promet la libération mais asservirait les êtres humains à leur propre folie et détruirait toute valeur transcendante.

L’histoire biblique de la chute est vraie, après tout, et notre seul secours est par l’Évangile de Jésus-Christ. La malédiction du péché n’a pas été renversée par des adolescents jouant à la sexualité dans un jardin, mais par le Fils de Dieu répandant son sang sur une croix.
Alors redressons notre position en pensant et parlant au sujet de La boussole d’or. Ce film représente un grand défi, mais un défi que les chrétiens devraient être toujours prêts à relever.

Traduit avec la permission de l’auteur, Albert Mohler, Président du Southern Baptist Theological Seminary